Le musicien-chanteur messin et italien Mario Salis, qui vient de sortir son troisième disque, emporte ceux qui l’écoutent, au-delà de l’âpre réalité, dans un monde où la poésie de la langue italienne exprime à merveille aussi bien l’amour que la révolte ou la critique.
A Metz, on ne présente plus Mario Salis, le concepteur de festivals comme Nomadia, où il vient de se produire en concert, Norapolis ou Teranova. Personnage aux multiples casquettes, fourmillant d’idées et de projets, c’est aussi un compositeur d’opéras, un poète et un informaticien qui donne un essor unique à la poésie multimedia. S’il compose pour des orchestres, il reconnaît volontiers que sa première passion, et la meilleure école de vie, c’est la chanson de rue, quand il chantait ses compositions à Rome Piazza Navona. Voici ce que dit de lui son ami le dramaturge mondialement connu Fernando Arrabal :« La poésie est foudre. Le poète un voleur de feu. Mario Salis le sait mieux que quiconque, qui aspire à être ce Prométhée ».
Après Next Up, La nave del deserto, ses deux premiers CD, voici la sortie du troisième, intitulé Oltre. A travers 15 titres est brossé un portrait du monde et des hommes tour à tour lumineux et réaliste. Dans des chansons où l’artiste joue avec les images, les métaphores et la musique des mots italiens, sur des arrangements souvent symphoniques une mélodie riche et particulièrement évocatrice met en valeur une densité de pensée impressionnante. Plus proche de Paolo Conte que de Toto Cutugno, Mario Salis se refuse à “pousser la chansonnette”. Ses chansons, on pourrait dire ses “poèmes chantés”, sont des hymnes, à la femme, à l’amour, aux opprimés, aux fous pour lesquels il reconnaît une certaine fascination, mais aussi une réflexion sur le côté sombre de la vie : le mal, la mort, la fuite du temps.
Italien de naissance et de cœur, mais bien ancré dans la France où il vit la plupart du temps, Mario Salis jette depuis son pays d’adoption un regard critique sur l’Italie gouvernée par des hommes dont il fustige l’arrogance et la collusion avec la mafia. Des textes forts comme Le temps viendra, ou Hommes en cendres montrent les maux qui font de l’Italie un pays à la dérive, un pays qui a perdu son innocence. Sara l’amore, le premier texte du nouveau CD, se termine cependant sur une note d’optimisme, car, malgré toutes les malversations politiques qu’il dénonce, c’est l’amour qui sera le plus fort, car l’amour reste le seul chemin pour combattre le mensonge et la corruption. Que les textes évoquent, parfois sur un mode surréaliste, les boat people, le peuple palestinien, Cohen ou Moravia, le fil rouge de ce très bel opus reste l’amour, sensuel aussi bien qu’universel. Mario Salis chante la conscience planétaire.
Mario Salis au-delà des apparences, musique et poésie pour son troisième CD
5 questions à Mario SalisLa Plume Culturelle : Mario Salis, pourquoi avoir intitulé votre CD Oltre?
Mario Salis : Oltre, en italien, cela signifie « outre », « au-delà de ». Aller au-delà des apparences, des discussions et des réalités du monde, pour s’attarder sur ce qu’on ne voit pas, mais qui est là, qui sous-tend nos actes et nos pensées. Dépasser les problématiques bassement matérielles, découvrir et explorer de nouveaux mondes.
Bravo : Vos chansons sont souvent très longues, pouvez-vous expliquer pourquoi?M.S. : Je ne me soucie pas des exigences radiophoniques pour lesquelles une chanson qui dure plus de 3 minutes ne peut pas passer sur les ondes. Je prends mon temps, c’est même une réponse à ceux qui veulent faire court, et presque un acte révolutionnaire ! Les choses belles peuvent être longues, je voyage à travers la chanson qui devient une méditation musicale. Et s’il arrive que je supprime une note de ma chanson, elle devient boiteuse, elle ne me correspond plus. Après tout, Cohen aussi avait des chansons qui duraient 7 minutes!
Bravo : Vous évoquez Léonard Cohen. Quelles sont les influences qui vous ont marqué dans votre cheminement artistique?
M.S. : Quand j’étais enfant, j’écoutais Bob Dylan, ou Léonard Cohen, dans le texte, sans les comprendre puisque je ne connaissais pas l’anglais. Et je m’y reconnaissais. Ce sont eux qui m’ont fait grandir. Danza per me amore mio est un hommage à Cohen, dans la danse sensuelle d’un homme et d’une femme. J’aime aussi les écrivains américains de la Beat Generation, qui taillaient la route et n’avaient pas peur d’afficher leurs idées, Allen Ginsberg, Jack Kerouac. Et puis Prévert, Boris Vian agaçant et moqueur, le poète américain Thomas Dylan. Des gens qui ont quelque chose à dire, et qui le disent.
Bravo : Quand vous écrivez, qu’est-ce qui vous guide?
M.S. : D’abord je me fais plaisir, je me retrouve dans mes chansons. Je retranscris beaucoup d’images qui me viennent dans mes rêves, et sur lesquelles je brode avec des métaphores, d’autres images qui s’enchaînent. Je parle d’amour, beaucoup, pas seulement de l’amour entre un homme et une femme, mais aussi de l’amour entre les hommes. J’aime autant chanter le plaisir des sens que faire de l’ironie sur Berlusconi ou la mafia, sur l’hypocrisie politique. Je suis un citoyen du monde.
Bravo : Mario Salis, peut-on dire de vous que vous êtes un poète engagé?
M.S. : Engagé, je ne sais pas, plutôt enragé ! Mes chansons sont des cris, à la manière de Ginsberg. Il faut redonner un sens aux mots « dignité », « respect de l’autre ». C’est le temps de s’approprier la culture, de valoriser les gestes qui donnent l’espoir. En Italie et ici, retrouvons les mots qui nous sont chers, « partage », « respect », et si possible habillons-les de fantaisie et de musique, la musique du cœur.




28 aprile 2010
#1
Conosco Mario Salis. La sua musica e la sua poesia sono sempre coinvolgenti e intense, ,pure e pregnanti,intrise di una vitalità e di una verità che proviene dal profondo. .E’ assolutamente originale e la sua cifra si riconosce subito!
2 maggio 2010
#2
Mi dispiace Alessandro, ma evidentemente la gloria e’ alla ribalta.
Mario Salis e’ un autore, un poeta decisamente originale, con le sue canzoni riflette il disagio delle problematiche diffuse in Italia, suo paese d’origine. Ma e’ un poeta soprattutto che canta l’amore e che ama e rispetta le donne ed e’ proprio a loro che dedica la maggior parte delle sue opere. Mario vive e lavora in Francia, dove recentemente ha riscontrato un successo di critica e dove ha trovato un pubblico che lo merita.
13 agosto 2010
#3
KgOa80 amzzacpqfner, [url=http://ikwzgqrhkusl.com/]ikwzgqrhkusl[/url], [link=http://zhckrrbcuadl.com/]zhckrrbcuadl[/link], http://azugcrfgnlpr.com/
12 gennaio 2011
#4
like me